Validation des acquis de l'expérience (VAE)

La procédure de validation des acquis de l’expérience permet la prise en compte des connaissances, compétences et aptitudes acquises de manière informelle avant la formation qui correspondent à celle développée durant la formation. Une dispense partielle du programme d’études est possible à hauteur de 60 crédits ECTS pour le Bachelor of art in Pre-Primary and Primary Education de 25% de la formation à l’enseignement secondaire. Elle est régie par la directive commune portant sur la procédure régionale de validation des acquis de l’expérience (VAE).

Cette VAE consiste à produire et à défendre un dossier personnel retraçant le parcours et le développement du candidat attestant de la présence des compétences attendues au niveau du selon le référentiel de compétence de la filière de formation de la HEP-VS. Les candidats sont accompagnés par la HEP-VS dans l’élaboration de leur dossier de VAE. Il prend la forme d’un bilan de compétences qui est défendu en présence un jury d’experts.

Qu’avez-vous appris sur vous lors de ce travail ? 

FM : « J'ai appris à prendre du recul par rapport à mon passé, à identifier plus clairement les valeurs et représentations fortes dans ma vision de la profession, à les mettre en lien avec des théories scientifiques et des événements de mon vécu soit d'élève, de professionnel, voire de parent d'élève. »

DB : « Que je pouvais être plus opiniâtre que ce que je pensais :) Plus sérieusement, ce travail m'a permis de clarifier mes attentes professionnelles et de prendre des décisions plus claires quant à mon avenir professionnel. »

En quoi ce travail vous a été utile ?

FM : « Quand tu arrives dans une telle formation à 40 ans, ton parcours est important en termes d'expériences mais très peu académique. Ce travail m'a été utile pour faire de mon parcours quelque chose de plus académique donc plus compatible, non seulement au niveau de la reconnaissance, mais surtout pour m'inscrire dans cette formation pleinement en étant plus au clair sur ce que j'étais, ce que je savais et ce qu'il m'intéressait de creuser, de revoir ou de découvrir. 
Dans mon parcours de formation, je vois ce travail comme un état des lieux indispensable pour donner un sens à mon passé et ainsi pouvoir recevoir les apports de cette formation non seulement en fonction de mon parcours et de mes expériences mais dans une réelle perceptive d'avenir. »

DB : «Mettre en forme mes pensées, convictions, valeurs, compétences professionnelles, mais aussi des faiblesses et des éléments encore à travailler. J'ai ainsi pu me situer avec plus de lucidité et de clarté sur mon profil professionnel. J'ai pu mettre en mots et faire ressortir des éléments latents mais non encore conscientisés. Je me suis replongée dans certains auteur-e-s et ainsi que dans de nouvelles lectures et cette démarche est toujours intéressante. »

Quelles furent les difficultés rencontrées (autres que l’organisation très aléatoire…) ?

FM : « Le travail sur les définitions des champs de compétences a été difficile parce que les critères précis du référentiel agissaient un peu comme une forme de contrainte pour la réflexion, et forçaient à se pencher sur l'ensemble des facettes du métier et pas seulement sur expliquer ses domaines favoris. Comme cela faisait plus de dix ans que j'occupais des postes d'enseignant dans des structures très particulières, je m'étais construit une image atypique et singulière de mon métier ; ça a donc été un effort de raccrocher mon expérience à un référentiel de compétences pour l'enseignement ordinaire. »

DB : « Je dirais en priorité que je reste sceptique quant au fait de demander à des enseignants et enseignantes chevronné-e-s de fournir un travail de cette ampleur. Je pense qu'une remise à niveau par le biais de formations continues, d'un plus petit travail de rédaction contenant la biographie professionnelle et quelques points du référentiel peut-être, pourrait suffire. Le côté financier (même si je n'ai encore rien reçu à ce niveau) peut aussi être une entrave à entreprendre la démarche. De façon personnelle, je n'ai pas rencontré d'autres difficultés particulières. »

Finalement, recommanderiez-vous cette procédure à d’autres personnes et pourquoi ?

FM : « Je recommande cette procédure parce qu'elle est exigeante, déstabilisante et donc fait grandir ; je ne l'ai pas vue comme une conclusion de 20 années d'expériences mais plutôt comme une étape de bilan intermédiaire qui a la faculté de te repositionner dans ton métier mais aussi dans l'institution scolaire, Je l'ai vue comme support à la réflexion au sujet de la réflexion cruciale : "Est-ce que je suis prêt à repartir pour une vingtaine d'année dans cette profession ?" »

DB : «Pour des personnes de l'ENVR, je recommanderais cette procédure (en l'état) dans la mesure où elles ont un objectif professionnel. Sinon, le coût en temps et financier me paraît trop élevé. Par contre, avec une procédure allégée, je la recommanderais car elle permet vraiment de se positionner, de mettre au clair ses pratiques et compétences, de se poser des questions sur sa pratique et sur sa profession qui ne sont peut-être pas forcément intuitives. Vue comme une formation continue, cette démarche est vraiment intéressante. Elle pourrait être proposée dans le catalogue des formations continues d'ailleurs, voire demandée après 15 ans d'expérience professionnelle.»